22 février 2010
Ce qui sera, sera bien puisque nous sommes ensemble
Une MissLou malade, malgré les centimètres qui s'additionnent et ne cessent de porter son regard plus haut, est une MissLou qui a besoin de se blottir encore et encore dans nos bras et de réchauffer son corps frissonnant contre notre cœur. Une MissLou malade, c'est aussi une petite tête qui chavire sous les pensées, les questions, les doutes.
Hier après-midi, quand elle a hurlé dans son sommeil et que je suis venue lui caresser les cheveux et lui chuchoter que tout allait bien parce que j'étais là, elle ne m'a pas reconnue et m'a repoussée avec un cri de terreur. C'était la première fois. Je suis restée les bras ballants, regardant impuissante ma petite fille se défendre seule contre une sorcière certes imaginaire mais qui avait volé les traits de sa maman. Une fois bien réveillée, elle ne se souvenait même pas que j'étais venue pour tenter de briser son cauchemar.
Cette nuit, point de cauchemar mais une violente fièvre qui a eu besoin d'une double dose de mots sussurrés et de caresses sur le front pour accepter de laisser un peu de répit à la petite demoiselle. Entre deux accès de forte température, quelques mots hésitants et la question que l'on sait là, omniprésente, mais à laquelle pourtant on ne s'attend jamais : "Il est où mon papa ?" Et des mots encore, pour raconter une nouvelle fois l'histoire de ce petit être qui existe grâce à la générosité d'un inconnu, et d'autres mots, toujours, pour expliquer le bonheur immense d'une maman qui ne serait pas sans cet homme-là ni cette petite fille-là. Alors que MissLou semblait somnolente, elle s'est soudain redressée pour dire que même si les gens ne sont pas là, notre coeur pense à eux et qu'ainsi les absents sont un peu là quand même. Puis elle a conclu, avec la sagesse propre aux enfants : "Ce qui sera, sera bien puisqu'on est ensemble et qu'on s'aime."
07 juin 2009
Grandir et vouloir retourner en arrière
MissLou grandit à vue d'œil et ce n'est pas qu'un lieu commun de l'écrire. Les petits traits que sa Mimi trace régulièrement au crayon sur le chambranle d'une porte qui n'a jamais été posée s'envolent de plus en plus haut, aussi vite que les bas des pantalons de MissLou remontent sur ses chevilles. Grandir physiquement, certes, n'est pas tout et n'est apparemment pas le plus difficile ... Dans sa tête aussi MissLou grandit mais son coeur n'est pas toujours bien prêt à la suivre et, depuis quelques semaines, on la sent souvent en conflit avec elle-même. Quand la tête aspire à de l'indépendance, le coeur réclame les bras rassurants de ses mamans. Quand la tête invente des bêtises de plus en plus grosses, le coeur veut se faire pardonner aussitôt. Quand la tête est pleine d'audace qui frise souvent l'impertinence, le coeur se montre docile et plein de douceur.
Alors ma tête et mon coeur de maman aussi entrent en conflit. L'un veut aider la petite fille, ma petite fille, à apprendre à voler quand l'autre veut la retenir contre lui encore un peu.
Que c'est difficile de grandir ... quel que soit l'âge !
24 mai 2009
Appuyer sur le bouton
Ca a commencé par une bête migraine ophtalmique qui m'a tenue éloignée des écrans durant quelques jours. Puis des journées bien remplies avec mes petites demoiselles m'ont incitée à me coucher plus tôt que de coutume. Enfin, de nouvelles habitudes ont été créées par une envie d'autre chose, concrétisée au fil des soirées par de petits bricolages, par un bouquin qui élit domicile sur l'étagère du bas et m'invite à le lire dans la pénombre du salon avant de rejoindre l'autre, l'officiel, le livre du moment qui m'attend à l'étage près de mon lit, par de la musique que je ré-apprends à écouter sans laisser mon esprit divaguer au gré d'autres occupations.
Et voilà un ordinateur qui découvre la solitude du matin, puis du soir, enfin de la nuit. Et voilà des idées, des envies d'articles sur ce blog qui ne finissent pas en lettres frappées sur le clavier. Et voilà une main qui ré-apprend à ne pas avoir le réflexe d'appuyer sur le bouton d'allumage placé sous l'écran puis sur celui de l'unité centrale à chaque fois que le corps auquel elle est "cousue", comme dirait MissLou, pénètre dans le bureau. Le désir d'écrire, lui, reste intact. Il faut juste qu'il reprenne sa place au sein de journées toujours trop courtes.
08 mai 2009
Des couleurs plein les yeux
Hier, nous avons vaguement envisagé l'idée de profiter de ce long week end pour passer une journée à la mer mais le gros orage de cette nuit nous en a dissuadées alors notre promenade du jour nous a menées à travers champs.
Depuis qu'elle marche, mamzelleLilise nous montre à chaque fois combien elle est dans son élément dès que nous allons en pleine nature. J'ajouterais même que plus le coin est sauvage, plus elle est à l'aise, plus elle se passe de notre présence. Elle reste un petit animal malgré ses 16 mois et c'est tant mieux ! MissLou est plus en retrait, en quête de solitude et d'indépendance, elle s'intéresse surtout aux fleurs, surveillant constamment qu'aucune bête microscopique ne la suit. MissLou observe quand MamzelleLilise court. MamzelleLilise goûte quand MissLou hume.
Pacsette et moi avons profité de notre balade pour observer nos filles avec toujours cette profonde surprise de les voir là auprès de nous, avec cette heureuse fierté de les accompagner sur leurs chemins respectifs, avec ce bonheur simple de nous laisser prendre par la main et de nous fier à leur confiance en la vie.
Nous avons fait le plein de couleurs, le plein de nos filles et ça nous a réchauffé le cœur !
07 mai 2009
Ecrire ? Encore ?
Admettre que l'écriture me manque. Beaucoup.
Faire fuir mes réticences à reprendre le fil, comme si ne pas fixer les mots sur l'écran permettait de les nier plus facilement. Concéder que pour moi ne plus écrire c'est ne plus grandir, c'est rester là, figée, dans l'attente. Et m'avouer que me taire, c'est d'abord me mentir.
Mon autre blog, salon de thé littéraire virtuel, me comble de plus en plus mais il est aussi comme un voile derrière lequel j'avance masquée. Il est mon côté pile quand mon côté face hante à nouveau mes nuits. Alors il s'agit peut-être de reprendre le clavier pour retrouver le sommeil. Qui sait ? A vrai dire, le plus difficile n'est pas d'écrire, c'est de regarder en face ce qui s'écrit presque tout seul.
Quand j'ai ouvert ce blog, le 30 novembre 2008, que j'ai confié ici pour la première fois publiquement nos difficultés financières, je ne croyais pas une seconde que ça allait durer ainsi, que 6 mois plus tard nous en serions au même point, sinon pire. Et pourtant si. Sans solution aucune tant les portes se ferment les unes après les autres. Comme si au cours de ces 6 mois nous n'avions fait que reculer, lentement mais irrémédiablement. Jusqu'où cela ira-t-il ? Je suis découragée et où le dire, où l'écrire si ce n'est ici quand il faut continuer à faire comme si partout ailleurs ? Si je n'avais à affronter les regards encore si confiants de mes filles, je crois bien que je m'assiérais là, sur un bord de trottoir, et que je n'en bougerais plus, à attendre je ne sais quoi d'ailleurs.
Mais voilà, nos filles sont là. Elles avancent, elles.
Parfois cahin caha comme MissLou qui ne sait pas bien si elle veut grandir ou redevenir toute petite, qui traverse les journées à cloche-pied, en équilibre entre sa petite enfance rassurante et le monde des grands attractif mais effrayant.
Parfois trop vite comme MamzelleLilise qui brule les étapes puis s'en trouve soudain si chamboulée qu'elle vient s'accrocher à nos cous et nous escalade comme un petit singe pour faire une pause au creux de nous.
Ainsi il faut continuer, encore. Espérer, essayer d'espérer. Encore. Pour elles. Et puisqu'il faut bien continuer à vivre, à prier pour que son cerveau rappelle sans cesse à ses pieds comment faire un pas, puis deux, puis mille, peut-être faut-il également continuer à écrire, à vider sa tête comme on vide sa poubelle, régulièrement.
06 avril 2009
A reculons
Je me suis toujours estimée heureuse de ne pas faire partie de ces profs qui vivent des rentrées le ventre noué et la gorge sèche. Ni de ceux qui se sentent mieux assis derrière leur bureau plutôt qu'en plein dans l'arène. Ni de ceux dont le coeur s'accélère soudain quand la cloche de début de cours sonne. Ni de ceux qui évitent d'écrire au tableau pour toujours regarder devant eux.
Et pourtant. Pourtant, je dois bien me rendre à l'évidence : cette année, plus les mois passent moins je dors les nuits de dimanche à lundi. J'ai beau profiter de ces longues heures pour tenter d'analyser ce phénomène nouveau, les yeux grands ouverts fixant un plafond rendu pratiquement invisible par l'obscurité, je ne me l'explique pas. D'autant moins que je ne pense pas spécialement à mon travail durant ces moments-là ; ma seule préoccupation est plutôt de m'endormir enfin pour mieux me réveiller quelques heures plus tard. Tout bêtement. Mais rien n'y fait. Et les réveils sont plus durs chaque lundi matin, m'imposant des débuts de semaine à chaque fois plus éreintants.
02 avril 2009
La pépette à couettes
Cela faisait déjà plusieurs mois que MamzelleLilise se saisissait de peignes et de brosses dès qu'elle en avait l'occasion pour se les passer, très concentrée, dans ses beaux cheveux roux. L'autre matin, elle me suivait partout, se tirant les cheveux d'une main et agitant la trousse à trésors de sa sœur de l'autre en poussant de petits cris. Devant son insistance, il a bien fallu me rendre à l'évidence : ma si petite fille voulait elle aussi des barrettes et des élastiques multicolores dans les cheveux. Je lui ai alors mis une jolie barrette violette mais ce n'était pas à son goût et il n'aurait pas fallu m'imaginer qu'à 15 mois on était encore indifférente à son apparence. La petite fille a enlevé la barrette, s'arrachant quelques cheveux au passage et s'est remise à tirer sur ses mèches en réclamant dans un langage sybillin quelque chose de pourtant bien précis dans son esprit. Je l'ai assise sur le petit coffre à doudous et lui ai expliqué qu'elle devait m'attendre là, le temps que je cherche un peigne. Quand je suis revenue, elle n'avait pas bronché et me fixait toujours avec insistance. J'ai alors entrepris de lui brosser les cheveux puis de les séparer en deux comme je le pouvais car ils sont encore si fins qu'ils me glissaient entre les doigts. MamzelleLilise, habituellement si remuante, restait immobile et je sentais l'impatience et la concentration de la petite fille qui vit un moment essentiel, presqu'un rite de passage vers le monde de l'enfance si différent de celui de bébé. J'ai choisi deux petits élastiques blancs dans la trousse à trésors de ma grande demoiselle et j'ai fait les toutes premières couettes de ma mini coquette. Je lui ai montré le résultat dans le miroir et elle s'est regardée attentivement avant de prendre un air à la fois satisfait et tout de même interloqué. Je lui ai suggéré d'aller se montrer à sa Mimi et à sa grande sœur et elle est partie en se dandinant faire son petit tour d'honneur. Quand Mimi et MissLou se sont exclamées, MamzelleLilise s'est applaudie mais sans sourire. Car c'est très sérieux de devenir une petite fille.




26 mars 2009
Bulles de mots
Recommencer à écrire ... mais pour quoi dire ?
Voilà presqu'un mois que je ne suis pas venue ici. J'ai pourtant pensé à ce blog tous les jours, j'ai lu sur ma boîte mail les petits mots que certaines ont gentiment laissés et j'ai été touchée. Vraiment. J'ai parfois eu envie - besoin ? - de venir me délivrer ici de mots qui oppressaient trop mon esprit pour que je trouve le sommeil mais dès que j'essayais de faire des phrases ne serait-ce qu'en pensée, les mots s'envolaient et éclataient comme ces bulles qui nous échappent toujours. Alors je n'ai plus cliqué sur le lien qui mène ici. Je me connecte pourtant presque tous les jours ; mon blog de cuisine et littérarure mène sa petite vie et se nourrit de mes mots, lui. Mais volà, tout est là : les mots que je laisse là-bas n'ont rien de commun avec ceux que je dépose ici, comme si je jouais à pile ou face et qu'en ce moment je cherchais à masquer le côté face sous le côté pile. Sauf que. Sauf que les mots d'ici ne se laissent pas si aisément occulter par des gâteaux et des romans, mêmes excellents les uns comme les autres. Sauf que les mots d'ici tournent dans ma tête comme je me tourne dans mon lit. Alors ... alors ... eh bien me revoilà, pour un soir ou pour toujours, on verra.
Finalement, en un mois, que s'est-il passé ? Réellement ... rien. Je cours. Joyeusement après MamzelleLilise. Quotidiennement après le temps. Désespérement après l'argent. Intérieurement après moi-même.
27 février 2009
Suspension
J'écris, et puis j'efface. Je pense des mots à déposer ici, et puis je les laisse filer. Rien à dire. Ou pas vraiment. Est-ce mon esprit en vacances ou les derniers microbes qui en sont la cause ? Peu importe finalement. Je suis toujours là, ou pas loin. Et je reviendrai. Tout bientôt.
22 février 2009
Des journées à inventer
On n'osait plus compter les jours et finalement les vacances sont arrivées presque sans crier gare, alors qu'on ne les espérait plus. Deux jours sont même déjà passés ! Nos finances ne nous permettant toujours pas d'user de ce temps libre pour retrouver amis et famille, nous allons rester ici sans programme particulier, avec la ferme intention de profiter de ces grandes journées où tout reste à inventer. Chacune y va de sa petite envie : MissLou rêve d'une cabane d'intérieur, ou d'une maison, en somme d'un endroit bien à elle ; MamzelleLilise nous fait comprendre qu'elle compte bien se mettre au dessin, en saisissant le moindre crayon qui passe à sa portée et en s'appliquant à faire des points sur des feuilles sans écrire ni par terre ni sur la table ; Pacsette et moi avons envie de jolis moments partagés avec nos filles ainsi que de moments rien qu'à nous, tout simplement. Nous osons croire en quelques rayons de soleil qui viendraient réchauffer les premières balades en vélo des enfants ; nous avons mis de côté quelques recettes à concocter avec MissLou la Marmitonne ; nous avons commencé dès samedi matin par une visite à la bibliothèque pour faire le plein d'histoires à lire seule sur un coin de canapé et d'autres à raconter toutes assises sur le grand lit blanc de notre Demoiselle. Au retour, nous avons fait un détour pour traverser le parc afin que MamzelleLilise puisse y faire quelques pas pour la première fois. Des premières fois, il y en aura plein dans les jours à venir tant la petite fille est avide de découvertes ces temps-ci !
Tout reste donc encore à écrire de ces vacances ensemble, et cette seule perspective est déjà réjouissante.







